La lettre UGICT: le feu sous la cendre

21-10-2009

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2009 - Bulletin n°33 2009 - La lettre UGICT

La lettre du syndicat CGT des cadres, techniciens et agents de maîtrise de la Banque de France

Le feu sous la cendre

Longtemps, le gouvernement de la Banque a pu considérer les différentes catégories de cadres comme une population docile, sans problèmes. Il a même pu tester impunément sur ces catégories ses innovations les plus contestables, comme par exemple les « compléments de rémunération » individuels. Parallèlement, le recours à des recrutements contractuels sur le marché du travail, pour des postes qui pourraient être pourvus par des compétences disponibles à la Banque, tend à être érigé en système, au détriment des agents déjà en place comme à celui de cette nouvelle catégorie de salariés précaires que constituent désormais les « chargés de mission ».

Longtemps, ces évolutions ont alimenté chez nos collègues un malaise profond, mais silencieux. Beaucoup de souffrance individuelle devant les injonctions contradictoires des hiérarchies supérieures et devant les diverses marques de mépris qui les accompagnent, mais rien qui indique une réaction efficace de nos catégories pour se faire respecter et promouvoir d’autres solutions.

Le gouvernement de la Banque s’est donc cru autorisé à aller encore plus loin et à embrigader les responsables d’unités dans une véritable mobilisation idéologique : la convocation à La Villette de plusieurs centaines de responsables d’unités a manifesté l’ampleur des efforts que nos dirigeants sont prêts à déployer à cet effet. Or, c’est précisément maintenant que des signes multiples semblent indiquer un changement en profondeur dans l’état d’esprit de nos catégories.

Les enjeux sont considérables. Pour les agents d’encadrement, l’absence de débouchés de carrières – en-dehors de la voie de garage malthusienne et perverse du « cinquième grade » – apparaît de plus en plus insupportable. C’est certainement la perception de cet état d’esprit qui a conduit la DGRH à accepter notre proposition d’ouvrir des négociations pour faire de la catégorie des agents de direction le débouché normal d’une carrière dans l’encadrement (y compris, mais pas seulement, par la création d’une voie de passage des agents du quatrième grade vers le grade d’AD1). M. Queva a récemment confirmé que des discussions auront lieu sur ce, mais seulement l’année prochaine.

Pour leur part, les agents du cadre latéral du siège font face à un projet de remplacement de la DR 79 par un nouveau cadre, qui va conduire à redéfinir et, dans certains cas au moins, à rendre plus aléatoires leurs déroulements de carrières, sans garantir un traitement équitable entre ces agents et ceux du cadre statutaire. À l’issue de deux rencontres qui ont permis à nos collègues de confronter leurs situations et d’en mesurer la diversité, ils ont choisi d’élaborer leurs propres contre-propositions, en liaison avec les organisations syndicales. L’UGICT CGT soutient très fortement cette réaction collective qui est certainement le meilleur moyen de faire évoluer le point de vue de la Banque.

Quant aux agents de direction, c’est la récente réforme des carrières des cadres supérieurs qui cristallise leur mécontentement – avec le ralentissement des progressions indiciaires qu’elle va entraîner et la raréfaction des postes de direction qui l’accompagne. Mais le mal est plus profond, il tient aussi aux marques de désinvolture, voire de mépris, que le gouvernement de la Banque semble se complaire à prodiguer à ses plus proches collaborateurs.

Deux obstacles pourraient entraver la prise en mains, par les cadres, de leurs propres intérêts. Le premier serait le piège d’une division entre catégories. Mais la nature commune des problèmes qui se posent aux agents de direction, d’encadrement, du cadre latéral, et à l’ensemble du personnel, est mieux perçue aujourd’hui que par le passé, et chacun a davantage conscience que les intérêts des uns et des autres seront mieux défendus s’ils le sont de façon convergente. Nous mettons en débat un projet cohérent pour la reconnaissance des qualifications de tous les agents de la Banque, à tous les niveaux, et pour des déroulements de carrières harmonieux, incluant des possibilités d’intégration au cadre statutaire des agents contractuels qui le souhaitent et qui en rempliraient les conditions.

Le deuxième obstacle, c’est tout simplement la crainte d’une mise à l’index des agents qui viendraient à exprimer publiquement leur mécontentement, dans des catégories où les réactions collectives ne sont pas la tradition, et où les révoltes individuelles peuvent se payer d’une marginalisation professionnelle.

La CGT, avec sa structure spécifique pour l’action syndicale des cadres, l’UGICT, est très attentive à recueillir l’expression, collective ou individuelle, du mécontentement de nos collègues et de leurs attentes vis-à-vis du gouvernement de la Banque. Le moment venu, s’ils le souhaitent, elle dispose des moyens reconnus aux organisations syndicales pour relayer cette expression auprès de la DGRH et du gouvernement de la Banque dans les instances constituées à cet effet : comités d’établissement, comité central d’entreprises, commissions du personnel qui servent de cadre aux négociations entre la direction de la Banque et les syndicats.

 

L'ESPACE PRATIQUE

Faire grève
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