La Fabrication des billets fait sa rentrée

06-09-2016
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 RENTRÉE 2016 : DES DOSSIERS CHAUDS ET DES LUTTES EN PERSPECTIVE

Après un été où l’actualité sportive a été tristement rejointe dans les titres de presse par de nouveaux épisodes d’attentats, la rentrée sociale s’annonce agitée. Si les sujets qui ont animé le printemps ne sont plus à la une des journaux, ils restent pourtant d’actualité et représentent des enjeux considérables pour les salariés.

La loi travail
Dans toute la France, de nombreuses grèves et manifestations se sont déroulées entre février et juillet pour obtenir le retrait du projet de loi El Khomri. Elle a été discutée une première fois en séance publique à l’Assemblée nationale entre le 3 et le 10 mai, puis le 5 juillet en nouvelle lecture, avant d’être l’objet des débats du Sénat entre les 13 et 28 juin en première lecture, le 19 juillet en nouvelle lecture, enfin en lecture définitive à l’Assemblée nationale les 20 et 21 juillet. Le Conseil constitutionnel a été saisi à trois reprises : le 21 juillet par un groupe de sénateurs de droite, le 22 juillet par un groupe de députés de droite et le 25 juillet par un groupe de députés de gauche (dont les députés du Puy-de-Dôme Danielle Auroi et André Chassaigne). Dans sa séance du 4 août, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision qui déclare anticonstitutionnels les points suivants : le paragraphe III de l’article 27, le paragraphe III de l’article 39, l’article 62, les mots « ou, à défaut, par le franchiseur » figurant au sixième alinéa de l’article 64 ainsi que l’article 65 dans son ensemble. L’article 2 qui est le plus visé par les organisations syndicales qui ont appelé à la mobilisation n’a fait l’objet d’aucune remarque...
Peut-on se satisfaire de la situation actuelle ? Pour la CGT, il n’en est pas question. Que la loi travail ait franchi les différentes étapes prévues, sans que le gouvernement ou les parlementaires ne retiennent les revendications des salariés en lutte n’est pas pour nous surprendre. Le gouvernement en place a, depuis quatre ans, largement prouvé son allégeance aux marchés financiers et au Medef et son mépris des « pue-la-sueur » (ou des « sans-dents ») pour que l’état actuel du dossier constitue une surprise. Nous savons bien que seule la lutte paie et que nous devrons encore descendre dans la rue pour faire bouger les lignes.

Quelles revendications ? La première des revendications est que la France respecte les accords internationaux dont elle est signataire. La loi travail viole tout d’abord les conventions de l’organisation internationale du travail et notamment les conventions fondamentales n° 87 et n° 98 sur les libertés syndicales et la hiérarchie des normes (voir note de la confédération aux organisations du 7 juillet 2016). Elle viole aussi le pacte des Nations-Unies relatif aux droits économiques sociaux et culturels (lui aussi signé par la France), dont l’organe de surveillance a précisé le 24 juin dernier : « Le Comité est préoccupé par les dérogations à des protections acquises en matière de conditions de travail proposées dans le projet de loi travail, y compris pour accroître la flexibilité du marché du travail, sans qu’il ne soit démontré que l’État partie a considéré toutes les autres solutions possibles.
 
Le Comité engage le gouvernement français à s’assurer que les dispositifs proposés pour accroître la flexibilité du marché du travail n’ont pas pour effet la précarisation du travail et la diminution de la protection sociale du travailleur. Il l’exhorte également à s’assurer que toute mesure rétrograde concernant les conditions de travail :
- est inévitable et pleinement justifiée ;
- est nécessaire et proportionnée à la situation ;
- n’est pas discriminatoire ».

De ce fait, la loi travail viole également notre propre constitution qui précise, dans son article 55, que les lois adoptées par le Parlement de notre pays doivent respecter les dispositions des conventions qu’il a ratifiées.

D’ores et déjà, une grande journée d’action interprofessionnelle a été fixée au 15 septembre, la CGT appelle le personnel de Chamalières à y participer massivement. Nous donnerons les modalités dans un bulletin à paraître prochainement

Ambitions 2020
À la Banque de France, le projet « Ambitions 2020 » porté par le gouverneur Villeroy-de-Galhau est encore plus destructeur que le « Banque de France 2020 » de son prédécesseur Christian Noyer. La peste succèderait-elle au choléra ? Le nouveau boss de la Banque de France a un talent certain pour la communication, au point de présenter les reculs sociaux comme des réussites et le repli des activités et des implantations comme des gages de pérennité. Mais qui peut se laisser berner ? Qui peut accorder crédit à ses propos en parcourant des yeux le programme qui est le sien ?

Ambitions 2020 se caractérise par deux éléments principaux, un nombre d’emplois détruit supérieur à ce qui était initialement prévu et des investissements réduits par rapport aux projets. Ainsi, le nombre de machines de tri à grande capacité pour les caisses du réseau (M7) pourrait être diminué de moitié. Ainsi, les ouvertures des centres fiduciaires du Nord de la France (Cefinof) et de La Courneuve sont prévus pour se faire au détriment des salariés, par le biais de condition de travail, et aussi de rémunération, dégradées. Ainsi, toutes les réformes en cours (carrières), tous les projets de travaux ou d’investissements voient les budgets prévus être largement amputés.
Là encore, l’évolution des dossiers passera par une forte mobilisation des salariés aux côtés de la CGT.

Chamalières
Au sein de la politique destructrice menée dans l’entreprise, Chamalières ne fait pas exception, il s’agirait même d’un modèle dont s’inspirent les autres directions-générales. Lors de la réunion de CE de juillet, le Directeur-Général-adjoint a présenté un repli du projet refondation pour des raisons budgétaires : le développement des activités n’est plus envisagé, la troisième ligne feuilles est sortie des hypothèses de travail, la surface prévue pour les serres est plus faible que ce qui était prévu à l’origine, il y a des interrogations sur le bien-fondé de la sécurité des bâtiments. Une seule donnée est constante, c’est celle de la cible d’effectifs, à 500 pour la seule Imprimerie, soit près de deux cents salariés de moins que les effectifs constatés à fin juillet 2016.

De la même manière, de forte inquiétudes pèsent sur ce que sera le CFC (Centre Fiduciaire de Chamalières, jadis délégation de la Caisse-Générale). Une visio-conférence, réunissant des responsables parisiens et chamaliérois aurait précisé le futur contour de l’unité avec un net recul du nombre de machines, une M7 au lieu de trois, et un transfert de l’activité de maintenance à l’Imprimerie. Les élus CGT ont inscrit ce point à l’ordre du jour de la réunion de CE du 29 août pour avoir plus de précisions, notre prochain compte-rendu de CE en donnera les détails.

Ces orientations, si elles se transforment en décisions, auront toutes en commun de faire payer les changements aux salariés. Tout d’abord, une baisse d’effectifs liée à un plan de charge stable et des interrogations sur le fonctionnement des investissements à venir et la pertinence des procédures conduit inéluctablement à une sévère dégradation des conditions de travail. La mise en place de tout ce qui touche au Lean management (ou Lean manufacturing, ou Lean office,…) vise précisément à faire avaler ces dégradations au personnel, par tous les moyens. Les salariés, particulièrement ceux du cadre contractuel, peuvent aussi constater que leurs évolutions de salaire et de carrière sont bien loin de ce que la direction leur avait laissé espérer à leur embauche. Ces conditions vont aussi et encore se dégrader. Comme à Vic-le-Comte, il faudra que l’ensemble des coûts d’investissements engagés par la Banque soient récupérés sur la masse salariale et sur les dépenses sociales. Le discours du gouvernement de la Banque et de la direction de la fabrication des billets, visant à faire croire que les investissements à venir sont un gage d’attachement des responsables de l’entreprise au secteur industriel et de pérennité des centres est une vaste opération d’intoxication et de mensonge.

Une nouvelle fois, la réponse appartient aux salariés. Qu’il s’agisse de la loi travail, d’Ambitions 2020, de Refondation, de l’avenir du CFC ou encore des conséquences du Lean sur la santé des salariés, seule une mobilisation de tous, dans l’unité, permettra de faire échec à la politique menée par nos dirigeants, qu’ils soient politiques au pouvoir ou de l’entreprise. La CGT et ses délégués ont cette volonté farouche, elle doit être celle de chaque agent du site.

Chamalières, le 25 août 2016, le conseil syndical.
 

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Faire grève
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