Halte au temps de travail sans limite

10-07-2008

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La remise en cause des 35 heures par le gouvernement appelle une riposte.

Halte au temps de travail sans limite Halte au temps de travail sans limite

Signez la pétition : Pétition Halte au temps de travail sans limite

Parmi les slogans de mai 68, il y en avait un qui disait : « ne perdons pas notre vie à la gagner ». Avait-on bien mesuré combien Nicolas Sarkozy serait le fossoyeur de cette belle période de l’histoire sociale lorsqu’il lançait son « travailler plus pour gagner plus » ? Avec ce qui se joue en ce moment à l’Assemblée, il faudrait revisiter le slogan d’il y a quarante ans : « Ne perdons pas notre vie à la gagner toujours moins ».

Le dynamitage de la loi Aubry avait démarré très vite grâce à François Fillon qui y avait introduit des premiers assouplissements dès le retour de la Droite aux affaires. Mais le cavalier législatif que le gouvernement a introduit dans la loi sur la réforme de la représentativité va parachever le travail de sape.

Les députés ont adopté la semaine dernière les quinze premiers articles du texte sur la réforme de la représentativité syndicale, qui reprennent la « position commune » CGT-CFDT-Medef-CGPME.

Ils ont aussi entamé l’examen des articles très controversés qui permettent la remise en cause dans les faits de la durée légale du travail. Certes, elle reste à 35 heures, mais la nouvelle loi va permettre aux entreprises de multiplier les heures supplémentaires. C’est un détricotage en règle de la loi Aubry qui s’opère.

Le plafond des 220 heures supplémentaires sera porté à 405 heures.

Les entreprises pourront fixer elles-mêmes leur contingent d’heures supplémentaires sans avoir à justifier de circonstances exceptionnelles auprès de l’inspecteur du travail.

Seules limites :
10 heures de travail par jour et
48 heures par semaine,
soit au total 405 heures supplémentaires par an.

L’obligation du repos compensateur est remplacée par des « contreparties obligatoires en repos » négociées entreprise par entreprise, avec la possibilité d’accords dérogatoires aux conventions collectives.

Lundi, le grand détricotage continue avec l’examen de l’article 17 qui assouplit le régime des « conventions de forfait ». Il s’agit rien moins que d’étendre à tous les salariés « disposant d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps » le principe détestable du « forfait jours » jusqu’ici réservé aux cadres et aux salariés itinérants, dont les temps de travail journalier peuvent être variables. De cette manière, les entreprises ne seraient plus tenues de décompter des heures supplémentaires, dont le paiement est majoré de 25 % ou 50 %.

Alors que les députés entamaient mardi l’examen du projet de loi, le syndicat CGT de Renault les a interpellés par une lettre. « La liberté des employeurs doit s’arrêter là où commence la santé des salariés », écrit le syndicat dans une « adresse à l’Assemblée nationale ». «Nous vous demandons de mesurer les conséquences sur la santé des assouplissements que demandent les employeurs », insiste la CGT-Renault qui s’appuie sur les quatre suicides au Technocentre de Guyancourt.

«Un ingénieur du Technocentre peut travailler 13 heures dans la journée en usine pour un démarrage de véhicule, rentrer à 1h00 du matin seul en voiture et repartir à 5h00 du matin pour une réunion à 8H00 chez un fournisseur », indique la CGT. «C’est ce que faisait fréquemment Antonio de B », cet ingénieur de 39 ans qui s’était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre en octobre 2006.

Selon la CGT de Renault, « toutes catégories professionnelles confondues, la durée moyenne du travail au Technocentre peut être estimée à 44 heures environ par semaine en moyenne sur l’année (...) hors jours de RTT et heure de repas ».

S’appuyant sur une enquête d’un cabinet d’expertise, le syndicat indique que « 50% des cadres fait plus de 50 heures par semaine, sans compter le travail le soir et le week-end.

Pour les techniciens, 95 % des heures supplémentaires réalisées sont non déclarées ».

Travail gratuit, vie privée sacrifiée, angoisse, stress, évaluations et jugements méprisants et dégradants sont devenus le lot de très nombreux salariés qualifiés et en responsabilités. La compétition internationale et la mondialisation ne justifient en rien les dégâts qui sont en train d’être commis.

Les militants présents en région parisienne sont appelés à participer au rassemblement organisé par l’Union régionale Île-de-France CGT

JEUDI 10 JUILLET 2008

DE 12 HEURES À 14 HEURES

DEVANT L'ASSEMBLÉE NATIONALE

 

L'ESPACE PRATIQUE

Faire grève
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